Mot du Président

De l'intime à l'obscène

De l’intime à l’obscène

Pendant longtemps avoir une vie privée a été le luxe des classes privilégiées, les pauvres vivant dans la promiscuité.

Ce qui menace aujourd’hui l’intime, ce que Montaigne appelait notre arrière-boutique,  c’est plus la transparence que la promiscuité.  Nombre de gens se racontent, se photographient, se filment pour être lus et vus sur les raisons sociaux.   Dans le royaume de Facebook (Fessebook ou Fècebook hélas trop souvent) c’est la course au nombre d’amis ou à la mention « j’aime ».  Perdre des amis est un drame.  Respecter l’orthographe est de plus devenu mission impossible pour un nombre grandissant d’aficionados de ce mode de communication.

Dans notre société où tout est transformé en marchandise, les seules choses que les gens croient pouvoir vendre ou donner d’intéressant, et par où ils croient pouvoir exister, ce sont leurs apparences et leur vécus.

Le mot en vogue est visibilité.  Notre société est devenue une société de spectacle, ce qui n’est pas visible ne compte pas ou n’a aucun intérêt.  Le dévoilement de l’intime pour le spectacle s’appelle l’obscène.

Cette obscénité se retrouve en politique et est qualifiée par Régis Debray « d’obscénité démocratique ».  La recherche de visibilité, le souci constant de la transparence a comme effet pervers de « transformer des acteurs sans scénario en régisseur d’eux-mêmes, courant après la photo, le bon écho ».

En politique il devrait, selon Régis Debray, y avoir « une grandeur plébéienne qui consiste à séparer le petit que l’on est du grand que l’on représente ».

Mais peut-être que :

  • Nous ne tolérons plus d’être représentés par des hommes et des femmes d’exception, qui pourraient nous hisser un peu trop haut.
  • Nous exigeons des sosies à notre taille et à notre ressemblance.

Le nouveau crédo: tolérance zéro pour la tolérance.

Fumeurs contre non-fumeurs, autos contre vélos, buveurs contre abstinents, mangeurs d'entrecôtes contre végérariens, pollueurs contre écolos...

Alors que notre société proclame sur tous les tons la solidarité, le respect de l'autre, elle accouche de la guerre de tous contre tous.  Il y a aujourd'ui une frénésie accusatoire dans l'espace des relations humaines.

Les règlements et sanctions, de plus en plus nombreux, destinés à éradiquer les "comportements à risques" sont des permis de vouer son prochain aux gémonies.  Au prétexte de réduire les nuisances on en arrive à traquer les "nuisibles".

Il y a toujours un pollueur quelque part, un coupable dont l'existence est un danger car: il fume, il boit, conduit une voiture, abuse du chocolat, ne fait pas de sport.  Les défenseurs de l'air pur ont moins le souci du bien-être de leurs concitoyens que celui d'être le moins possible affectés par leux existence.

Etant incapable de faire une société plus juste, nous voulons en faire une plus propre.

On constatera que les plaisirs les plus réprimés sont les plaisirs des pauvres.  L'interdiction de fumer passe mieux dans un restaurant étoilé que dans le bistrot du coin.

L'intolérance, la méchanceté, l'individualisme tuent plus que les "comportements à risques".

Il est temps de retrousser nos manches.

 

L'année qui vient sera décisive pour l'avenir de notre club.

La moyenne d'âge des membres est élevée et le nombre de membres privilégiés a subi une forte augmentation.  Conséquemment, le nombre de membres effectifs se réduit.

Ce constat nous oblige à:

- Faire un maximum d'efforts pour le recrutement.

-Adapter nos organisations à la capacité de nos forces vives ou à coorganiser avec d'autre clubs.

Ne souhaitant pas être le dernier président du LC Namur je n'envisage pas aujourd'hui une fusion avec un autre club.

Le LC Namur est notre club.  Si nous voulons qu'il perdure nous devons nous mettre à la besogne.

 

JRH (24/08/2015)